Jalousie et rivalités (Fr Manuel RIVERO O.P.)

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Saint Paul nous met en garde contre les jalousies et les rivalités, ces poisons silencieux qui abîment les relations humaines et peuvent détruire familles, communautés et amitiés.

Nous aimons paraître forts, brillants, supérieurs… mais nous ne nous vantons jamais d’être jaloux. Pourtant, chacun de nous, un jour ou l’autre, a senti monter en lui cette passion ténébreuse.

Reconnaissons humblement ce combat intérieur. Demandons au Seigneur pardon, lumière et guérison.

  1. La jalousie, une passion vieille comme l’humanité

Saint Paul le dit sans détour :

« Jalousies et rivalités, vous êtes bien humains » (cf. 1 Co 3,3).

Dans la Bible, la jalousie conduit souvent à la tragédie.

  • Caïn, jaloux de son frère Abel, en vient au meurtre.

  • Ésaü, blessé par la bénédiction donnée à Jacob, prépare sa vengeance.

  • Les frères de Joseph, incapables de supporter l’amour privilégié de leur père, nourrissent la haine jusqu’à vouloir le tuer, avant de le vendre comme esclave.

  • Le roi Saül, voyant David acclamé par le peuple, laisse la jalousie envahir son cœur et cherche à éliminer celui qui pourtant lui était loyal.

  • Dans l’Évangile, saint Matthieu et saint Marc précisent que « Pilate se rendait bien compte que les grands-prêtres avaient livré Jésus par jalousie » (cf. Mc 15,10). La jalousie a déployé ses tentacules de manière cachée dans le procès de Jésus qui l’a conduit à la croix et à la mort.

Le livre de la Sagesse va loin :

« La mort est entrée dans le monde par la jalousie du diable » (Sg 2,24).

La jalousie est une puissance de mort.

  1. La jalousie : une souffrance intérieure

Le diable est jaloux de l’amour que Dieu porte aux hommes.

La jalousie pousse à l’opposition, au mensonge, au dénigrement.

Certains s’imaginent qu’elle prouve un amour fort. En réalité, elle relève surtout de la rivalité, de la peur de perdre et du désir de posséder.

Les psychologues parlent d’un « attachement vif et ombrageux à un bien que l’on estime menacé ».

La jalousie :

  • agite le cœur,

  • pervertit le regard,

  • devient une idée fixe

  • engendre angoisse, amertume, colère,

  • pousse au dénigrement et parfois à la violence.

Elle agit comme un cancer relationnel et elle remplit les prisons.

  1. À la racine : un manque d’estime de soi

Au fond, la jalousie naît d’un doute : « Suis‑je vraiment digne d’être aimé ? »

Or Dieu aime chacun de manière unique et parfaite.

Nous avons tous la capacité d’aimer, parce que nous sommes aimés de Dieu.

L’envie nous fait désirer ce qui est extérieur : voitures, honneurs, richesses …

Mais le bonheur ne s’achète pas. Il ne se vole pas.

Il est intérieur, ou il n’existe pas.

Le véritable amour ne s’impose pas.

Il respecte la liberté de l’autre.

  1. La journée de Jésus : un remède pour nos cœurs

Dans l’Évangile de ce jour, saint Luc nous montre une journée type de la vie publique de Jésus :

  • guérisons,

  • délivrances,

  • prédication,

  • et surtout prière solitaire, cœur à cœur avec Dieu le Père.

Cette prière est notre remède.

L’Eucharistie nous unit à Dieu, nous donne le Pain de Vie, le Pain d’amour, le Pain qui délivre de la jalousie.

Conclusion

Demandons au Seigneur la grâce :

  • d’un cœur pacifié,

  • d’un regard purifié,

  • d’une liberté intérieure qui ne craint pas le bonheur des autres.

Que l’Esprit Saint nous guérisse de toute jalousie.

 Nous pouvons faire nôtres les litanies de prière de l’homme humble, si chères au bienheureux Lucien Botovasoa, laïc franciscain à Madagascar.

 Du désir d’être aimé des gens, libère-nous, Jésus !

Du désir d’être loué, libère-nous, Jésus !

Du désir d’être honoré, libère-nous, Jésus !

Du désir d’être préféré à d’autres, libère-nous, Jésus !

Du désir de devenir conseiller, libère-nous, Jésus !

Du désir de vivre à l’aise, libère-nous, Jésus !

De la crainte d’être déshonoré, libère-nous, Jésus !

De la crainte d’être diffamé, libère-nous, Jésus !

De la crainte d’être repoussé par certains, libère-nous, Jésus !

De la crainte d’être calomnié, libère-nous, Jésus !

De la crainte d’être oublié des gens, libère-nous, Jésus !

De la crainte d’être moqué, libère-nous, Jésus !

De la crainte d’être ridiculisé à tort, libère-nous, Jésus !

                    Fr Manuel RIVERO (O.P.)

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