
Le lépreux est un paria dans tous les sens : guérir un lépreux, ce sera donc le réintégrer dans la société, lui redonner ses droits de citoyen, c’est aussi l’absoudre : car cette maladie est le symbole d’un mal spirituel.
Sommes-nous capables de nous mettre « la face contre terre » devant l’apparence d’une petite hostie ? « Mon Seigneur et mon Dieu », geste humiliant pour nos suffisances humaines : geste de foi qui nous sauve, qui nous purifie de notre lèpre. « Les neuf autres, on ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ». N’est-on pas en train de perdre actuellement tout ce sens de ce qui s’appelle « le culte », l’adoration, la glorification de Dieu, la louange de Dieu. On a tellement insisté, et c’était nécessaire de le faire, sur l’amour du prochain, l’amour de l’autre, que l’on ne pense plus à la louange de Dieu lui-même. Cet abandon massif des chrétiens à la messe du dimanche n’est-il pas le signe de la perte de la louange de Dieu ?