Vous avez peut-être remarqué, mes frères, avec quelle solennité, voire même quelle emphase, commence ce passage de l’Evangile : « L’an quinze de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince d’Iturée et de Traconitide, Lysinias prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée, dans le désert, à Jean, fils de Zacharie ». On passe brusquement de l’empereur romain, de tous les princes de la région, à un pauvre homme qui prêche dans le désert. L’important pour Luc, ce ne sont pas les princes et les rois, sinon pour dater l’évènement, c’est l’aurore du salut de Dieu et cette aurore commence avec un homme tout seul dans le désert. Tout cela est aussi discret qu’un lever de soleil : le 1er rayon, faible petite lueur, à peine visible dans l’ombre immense de la nuit.

